Charte nationale d’accueil du jeune enfant : dix principes, et ce qu’ils demandent en pratique
Annexée à l'arrêté du 23 septembre 2021, la charte n'est pas un règlement de plus : c'est le cadre éthique commun sur lequel on vous demandera de vous situer au renouvellement d'agrément.

La charte nationale pour l’accueil du jeune enfant est un texte court. C’est peut-être pour cela qu’on la range parfois dans le classeur sans y revenir. Elle mérite mieux : elle dit ce que la collectivité attend d’un lieu d’accueil, et elle sert de repère quand une équipe ne sait plus sur quoi s’appuyer.
Ce qu’est la charte, et ce qu’elle n’est pas
Elle définit des principes et des valeurs partagées pour toutes les personnes qui travaillent auprès des jeunes enfants, en accueil individuel comme collectif — assistants maternels, crèches, multi-accueils. Ses principes sont inscrits en annexe de l’arrêté du 23 septembre 2021.
Ce n’est pas une obligation au sens d’une norme technique. C’est un cadre de référence : il sert à identifier et formuler les valeurs éducatives d’une structure. En revanche, lors du renouvellement d’agrément, les établissements doivent préciser comment ils appliquent ces principes au quotidien. La question n’est donc pas de connaître la charte, mais de pouvoir montrer ce qu’elle change chez vous.
Le plan de formation annuel
La charte attend des structures qu’elles construisent un plan de formation annuel et qu’elles forment les équipes sur trois axes :
- Les spécificités du tout-petit — développement psycho-affectif, rythmes, ce qu’un enfant de dix-huit mois peut et ne peut pas.
- La relation parent-enfant — l’attachement, la séparation, ce qui se joue à l’arrivée et au départ.
- L’accueil des familles — y compris quand la situation familiale est complexe ou que le lien est tendu.
Là où ça coince, sur le terrain
Les équipes que nous rencontrons ne butent pas sur les principes. Elles butent sur les situations où deux principes se contredisent : respecter le rythme de l’enfant et tenir le planning du groupe ; accueillir la parole d’un parent et protéger l’enfant ; laisser explorer et garantir la sécurité.
Un cadre éthique ne sert à rien tant qu’il n’a pas été confronté à une situation réelle qui l’a mis en tension.
C’est ce travail-là qui rend la charte vivante : reprendre des situations vécues — une morsure, une colère, un parent qui reproche, un enfant qui ne se sépare pas — et regarder ensemble quel principe on a fait passer devant l’autre, et pourquoi.
Un repère utile pour le projet d’établissement
Formuler ses valeurs éducatives à partir de la charte donne au projet d’établissement une colonne vertébrale, et évite le catalogue de bonnes intentions. C’est aussi ce qui permet, quand une nouvelle professionnelle arrive, de lui dire autre chose que « ici on fait comme ça ».
Le texte intégral de la charte est publié par la CNAF. Les éléments cités ici sont donnés à titre d’information.
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